Voiture de fonction avec jantes abîmées : savoir qui assume les frais évite les mauvaises surprises à la restitution.
Un salarié rend son véhicule de fonction après deux ans de LLD. Le loueur signale quatre jantes rayées. La facture de remise en état atteint 320 €, déduite directement du dépôt de garantie. Scénario courant, pourtant évitable. Entre car policy, clauses de restitution et assurance flotte, les responsabilités sont rarement claires pour le conducteur au quotidien.
Ce que dit la car policy sur les jantes frottées
La car policy est le document interne qui fixe les règles d'usage du véhicule de société. Elle précise en général :
- le seuil d'usure normale accepté (égratignures superficielles tolérées ou non) ;
- les sinistres à déclarer obligatoirement, jantes incluses ;
- les franchises applicables en cas de dommage reconnu ;
- les retenues possibles sur salaire ou note de frais en fin de contrat.
Dans la majorité des car policies consultées par les gestionnaires de flotte, une rayure de jante supérieure à 5 mm de profondeur est classée en dommage imputable au conducteur. À ce titre, elle peut donner lieu à retenue, même si l'assurance flotte couvre les accidents déclarés. Frotter un trottoir en se garant n'est pas un sinistre déclaré : c'est une négligence.
Qui paie concrètement à la restitution LLD ?
Le bailleur (loueur longue durée) mandate une expertise au moment de la restitution. Les grilles tarifaires appliquées varient, mais les montants constatés sont les suivants :
| Type de dommage jante | Coût moyen facturé |
|---|---|
| Rayure légère (moins de 3 mm) | 50 – 80 € par jante |
| Rayure profonde avec écaillage | 120 – 180 € par jante |
| Remplacement jante alu 18-19 pouces | 250 – 450 € par jante |
| Forfait 4 jantes remise en état | 300 – 550 € |
Ces montants sont à la charge du conducteur, de l'entreprise ou se partagent selon la car policy en vigueur. Dans les contrats LLD sans option de rachat, l'entreprise reporte souvent la facture sur le salarié identifié comme responsable — une pratique légale dès lors qu'elle est mentionnée dans le contrat de mise à disposition.
La protection jantes leasing n'est pas une option proposée par défaut par les loueurs : c'est au conducteur ou à l'entreprise de l'anticiper.
Prévenir plutôt que débattre : l'équation économique
Un set de quatre protections de jantes alu AlloyGator installé dès la prise en charge du véhicule coûte environ 99 € de pose chez un installateur du réseau agréé, matériel compris. La durée de pose est d'une heure. Rapporté à un contrat LLD de 36 mois, cela représente moins de 3 € par mois.
Face à un forfait de remise en état de 300 à 550 €, le calcul est immédiat. L'argument tient également côté employeur : intégrer la pose AlloyGator dans le processus de livraison du véhicule réduit les litiges de restitution et les coûts de gestion administrative liés aux expertises contradictoires.
Les véhicules de société les plus concernés sont ceux équipés de jantes 18 pouces et plus — segment dominant dans les gammes Audi, BMW ou DS Automobiles, très présentes dans les flottes françaises.
FAQ
L'assurance flotte de l'entreprise couvre-t-elle les jantes rayées en stationnement ?
Non, dans la quasi-totalité des contrats. L'assurance flotte intervient sur les sinistres déclarés (collision, vandalisme avec constat). Une rayure de trottoir, sans tiers identifié, n'est pas un sinistre : elle reste à la charge du conducteur ou de l'entreprise selon la car policy.
L'entreprise peut-elle retenir le coût des jantes abîmées sur mon salaire ?
Oui, sous conditions strictes : la retenue doit être prévue dans le contrat de mise à disposition du véhicule, plafonnée au montant réel du dommage, et ne peut pas excéder le dixième du salaire net mensuel par échéance (Code du travail, article L. 3251-3). Toute retenue non prévue contractuellement est illicite.
Peut-on poser les protections de jantes sur un véhicule en LLD sans l'accord du loueur ?
AlloyGator est un accessoire amovible qui ne modifie pas la structure de la jante. Il n'abîme pas le véhicule et se retire sans trace. La majorité des loueurs ne s'y oppose pas, mais il est conseillé de vérifier la clause « accessoires et modifications » de votre contrat. En cas de doute, une demande écrite au gestionnaire de flotte suffit généralement à obtenir validation.